En physique la résilience traduit l’aptitude d’un corps à résister aux chocs et à reprendre sa structure initiale. En psychologie, la résilience désigne la capacité d’un individu à surmonter les moments douloureux de l’existence et à se développer, en dépit de l’adversité.

Présentée et popularisée en France par Boris Cyrulnik , éthologue, neuropsychiatre et psychanalyste, la résilience est comme “l’art de naviguer dans les torrents”. La résilience peut concerner chacun de nous un jour.

Sachez que la résilience s’applique aux personnes qui ont vécu des traumatismes ou tragédies, mais pas que. Vous avez déjà été confronté dernièrement au confinement, par le passé vous avez peut-être vécu un échec professionnel, une rupture amoureuse douloureuse, une défaite sportive ?

Comment avez-vous appréhendé ce moment difficile ? Vous vous êtes adapté ? Résigné ? Transformé ?

Faire preuve de résilience, c’est être capable de rebondir après un moment difficile ; c’est transformer cette expérience en  opportunité pour apprendre et grandir.

Vous souhaitez développer votre résilience, et aller de l’avant ? La résilience peut s’apprendre.

Voici 5 conseils pour y arriver :

1. Evaluer la situation

Restez neutre et objectif.
Ne laisser pas de place à l’interprétation.

  • Quels sont les faits vérifiables et observés ?
  • En fait, que s’est-il réellement passé ?

2. Percevoir autrement

Adoptez une flexibilité mentale pour prendre du recul.

  • Comment pourriez-vous voir la situation autrement ?
  • Quelle est la pire chose qui pourrait vous arriver après ça ?
  • Quelle est la meilleure chose qui pourrait vous arriver ?
  • Quelle est la chose la plus susceptible d’arriver ?

3. Gérer les émotions

Évoquez vos émotions pour en diminuer la force.

  • Quelles sont vos émotions ?
  • Comment vous sentez-vous à “l’intérieur” en évoquant la situation ?

Nommer vos émotions, exprimez-les par écrit pour prendre du recul.

Plongez- vous régulièrement dans une activité absorbante et captivante (perdre la notion du temps).

Pratiquez une activité apaisante (cohérence cardiaque, méditation …) plusieurs fois par jour.

Pratiquez une activité physique chaque semaine.

4. Réagir en conscience

Adoptez une réaction responsable.         

Ne rien faire est contre-productif 

Faites un petit pas gagnant, quelque chose qui vous plait, pour sortir de la paralysie.

Entourez-vous de personnes positives.

Pratiquez la communication non violente :

     Observer, Dire ses sentiments, Exprimer ses besoins, Demander.

Fixez-vous des objectifs réalistes et réalisables.

5. Comprendre et trouver du sens

  • Que retenez-vous de la situation ?
  • Qu’est-ce que vous en pensez après coup ?

Optez pour un état d’esprit flexible.

On peut toujours apprendre de ses échecs, de situations difficiles.

Choisir ce que vous pouvez contrôler dans votre vie et ce que vous ne pouvez pas.

Adoptez un comportement flexible face aux changements (ils sont souvent perçus comme inconfortables ou menaçants, mais ils font partie de la vie).

Etre conscient de ses capacités à faire face à l’adversité.

Considérer les obstacles comme une opportunité pour apprendre et grandir.

Donner du sens à l’épreuve que vous traversez.

Tentez de déterminer ce que cela vous a appris, ce que cela vous a permis de réaliser.

Avec du recul, est-ce que cette situation n’a pas été une chance ?

Lâchez prise, si vous n’y trouvez aucun sens (comme pour une maladie), ça viendra plus tard.

Quelques exercices pour développer votre résilience

Exercice 1 : Le CV de l’échec : Vos échecs en disent autant sur vous que vos réusites.

Rédiger un « CV » de vos échecs, où vous relatez vos mauvaises expériences professionnelles, mais aussi des moments privés de votre vie.

Cela vous permettra de prendre du recul. Vous prendrez conscience que malgré ces « faux pas », vous vous en êtes bien sortie. Vous ne focaliserez plus votre regard sur ce qui n’a pas marché mais sur ce qui va et fonctionne dans votre vie.

Exercice 2 : Rebondir (suite de l’exercice 1):

Reprenez une expérience vécue comme un échec.

  • Comment avez-vous rebondi ?
  • Quels enseignements avez-vous tiré de cet échec ?
  • Quelles compétences, forces, qualités avez-vous mis en œuvre pour vous en sortir ?
  • Quels changements, transformations, cela a-t-il  eu comme conséquence dans votre vie personnelle, professionnelle ?

Exercice 3 : Eprouvez de la gratitude

Quel(s) événement(s) de votre vie (douloureux, difficile(s)) pourriez-vous dire qu’après coup, avec le recul, c’est une chance de l’avoir vécu ?

Voyez où vous en êtes arrivé aujourd’hui, et comment ces événements vous ont permis de grandir.

Exercice 4 : Dopez votre positivisme

Ouvrez un carnet de gratitude. Consignez-y tous les soirs 5 moments, événements, petits ou grands, normaux ou extraordinaires de votre journée (pendant 6 semaines), à refaire plusieurs fois dans l’année.

Exercice 5 : Pratiquez la communication non violente

Les relations sociales sont très importantes pour développer sa résilience.

Entretenir de bon réseau social, une bonne communication , vous permet de demander de l’aide, être écouté et conseillé par des personnes bienveillantes.

Choisissez une personne de votre entourage privée ou professionnelle avec qui les relations sont difficiles.                     

Efforcez-vous (1 fois par semaine au début) d’appliquer les principes de  la communication non violente :

  1. Observez sans évaluer, sans interprétation ; restez neutre
  2. Dire son sentiment, en se l’appropriant «  je ressent … »
  3. Exprimez votre besoin « j’ai besoin de … »
  4. Demandez sans exiger «j’aimerais … »

Exercice 6 : Trouver votre Modèle

Choisissez une personne réelle ou fictive qui à vos yeux a fait preuve de résilience.

Lisez sa biographie ; regarder des films s’il s’agit de héros imaginaires.

Renseignez-vous sur les moyens par lequel cette personne s’en est sortie ; prenez exemple sur elle en restant vous-même et en faisant preuve de créativité.